Une fois le diagnostic d’allergie aux protéines de lait de vache confirmé, votre médecin sera  sans doute amené à vous  prescrire des « laits spécifiques » adaptés pour une alimentation équilibrée de votre bébé.

La base de la prise en charge de l’APLV du nourrisson : l’éviction totale de protéines lactées d’origine bovine.

Nous faisons avec vous le point sur les différents cas de figure et la composition des  différents aliments de substitution.

 

APLV et allaitement ?

Première hypothèse

Les premiers signes d’APLV de votre bébé se sont manifestés en début de sevrage, au moment où vous avez introduit une préparation lactée de type lait 1er ou 2ème âge dans l’alimentation quotidienne de votre bébé. Dans ce cas, votre médecin vous demandera de reprendre si possible l’allaitement exclusif sans régime alimentaire particulier pour la maman.

 

Deuxième hypothèse

Le diagnostic d’APLV est fait chez un nourrisson strictement allaité ! C’est possible !

Il sera demandé à la maman allaitante d’éradiquer toutes les sources de protéines de lait de vache pendant environ un mois.

Si ce régime fonctionne, il sera maintenu tout en  proposant  la maman de réintroduire en quantités croissantes les aliments contenant source de protéines de lait de vache. Cette réintroduction progressive permettra de déterminer la dose tolérée par le bébé.

Si le régime n’a aucun effet sur les symptômes du nourrisson, le médecin procédera à des examens complémentaires à la recherche d’une autre pathologie.

 

Les aliments spécifiques de substitution

Avant de rentrer dans le détail de la composition des différents aliments, il paraît intéressant de revenir sur quelques données « éclairantes  ».

La structure biochimique d’une protéine de lait de vache (PLV) est comparable à un train.

En effet, la PLV est constitué d’un enchainement de «  wagons » appelés acides aminés. Dans l’APLV, c’est le « train entier », la protéine entière, qui pose problème mais dans la plupart des cas « des bouts de train » ou des «  wagons seuls » seront tout à fait tolérés par le nourrisson.

 

Les hydrolats poussés de protéines de lait de vache

Ce sont eux qui sont prescrits en première intention.

Le terme « hydrolat poussé » signifie que la PLV a subi « un découpage » en plusieurs morceaux.

 Ces produits contiennent en majorité des petits peptides (des bouts du train) et des acides aminés libres (des wagons). Pour être  conforme au cahier des charges européen, les laits « sans protéines de lait de vache » doivent contenir moins de 1% de PLV dites immunoréactives (des trains entiers), c’est-à-dire susceptibles de déclencher une allergie chez le nourrisson.

Ces laits (Allernova®, Galliagene®, Nutriben APLV® etc.) sont vendus en pharmacie et font l’objet d’une prise en charge par la sécurité sociale, diminuant ainsi les frais à la charge des parents.

 

Les préparations à base d’acide aminés

Dans ces aliments-là, les trains entiers de PLV (protéine entière) ont totalement disparu, ne restent que des wagons (acides aminés) !

Ces préparations s’envisagent lorsque le nourrisson n’est pas soulagé de ces symptômes digestifs ou cutanés (eczéma). Ils seront prescrits en deuxième intention après l’essai des hydrolats poussés de PLV.

Comme les hydrolats poussés de PLV, ils font l’objet d’une prise en charge par la sécurité sociale et sont vendus en pharmacie. Parmi les produits disponibles citons : Neocate® avant 1 an ou Neocate advance® après 1 an.

 

Les hydrolats poussés de protéines de riz

L’hydrolat poussé de protéines de riz disponible sur le marché est enrichi en certains acides aminés qui ne sont pas naturellement présents dans les protéines de riz.

Dans cette préparation, évidemment, zéro PLV !

Ils ont une bonne tolérance digestive et un apport nutritionnel satisfaisant.

Les hydrolats de protéines de riz sont disponibles en pharmacie mais ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale ce qui peut en limiter l’utilisation.

 

Attention aux jus végétaux et aux laits « alternatifs »

La fausse bonne idée !

Lorsque le diagnostic d’APLV est pausé, les parents inquiets pourraient être tentés par des alternatives végétales de type, jus d’amande, de châtaignes, de noisettes, de soja …

Attention, les jus végétaux ne couvrent pas les besoins nutritionnels essentiels de votre bébé.

Pour ces préparations l’appellation « lait » est trompeuse, seules les préparations réalisées à partir de protéines de lait de mammifère peuvent être appelées « lait ». Par ailleurs, le soja contient, naturellement, des molécules qui sont de possibles perturbateurs endocriniens : les isoflavones  / phyto-œstrogènes, c’est-à-dire des molécules naturelles proches des œstrogènes humains.

 

Quid des autres mammifères ?

Dans 90% des cas un nourrisson APLV sera allergique aussi au lait de chèvre ou au lait de brebis. Par contre, les laits d’ânesse et de chamelles parfois bien tolérés ne répondent pas aux besoins nutritionnels élémentaires  du nourrisson.

 

Et les laits hypoallergéniques « HA » ?

Dans ces préparations, la PLV a bien été « découpée » mais l’hydrolysat n’est pas assez poussé. « Les bouts de trains » sont trop importants et la quantité de protéines immunoréactives (trains entiers) est supérieure à 1%. Le bébé APLV ne le supportera pas.

 

Quelle évolution de l’APLV ?

Dans 80% des cas, tout rentrera dans l’ordre avant l’âge de trois ans. Après une période de réintroduction progressive des produits contenant des PLV, le régime alimentaire de votre enfant ne subira plus de restriction. Pour les formes persistantes, on observe souvent d’autres allergies alimentaires …

Face à l’APLV de votre bébé vous n’êtes pas seul ! Le pharmacien et son équipe sont là pour répondre à toutes vos questions et mettre à votre disposition les produits adaptés. N’hésitez pas, parlez-en à votre pharmacien !

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