Les antivitamines K, pour quoi faire ?

On prescrit essentiellement ces traitements en cas de troubles du rythme cardiaque, notamment de fibrillation auriculaire (le rythme de l’oreillette est irrégulier) et, dans une moindre mesure après une chirurgie cardiaque des valves, ou encore en cas de problème de coagulation du sang, exceptionnellement en cas de suite opératoire de chirurgie orthopédique.

Pourquoi l'accompagnement des patients sous AVK ?

Les AVK nécessitent une surveillance renforcée. En effet, en cas de surdosage, il y a un risque hémorragique avec des conséquences parfois sérieuses (hémorragie cérébrale ou digestive). On estime que les accidents liés à la consommation d'AVK sont responsables de 17 300 hospitalisations par an et de 4 000 décès chez des utilisateurs dont l’âge moyen est de 73 ans. A ce titre, ils constituent en France la première cause de maladie due aux médicaments (maladie iatrogène).
En cas de sous-dosage, les AVK ne jouent plus leur rôle anticoagulant. La maladie thrombo-embolique pour laquelle on les a prescrits risque alors de générer la libération dans la circulation sanguine de caillots qui peuvent entraîner à leur tour des complications vasculaires parfois graves (embolie pulmonaire, AVC ,nécrose distale au niveau des orteils). L'accompagnement par le pharmacien s'effectue en liaison avec le médecin traitant ou le médecin prescripteur ou les deux.

Les anti vitamines K pour qui ?

Selon les conventions actuelles avec la sécurité sociale, le pharmacien doit intégrer dans le dispositif, les patients dont la durée de traitement de 6 mois ou plus est avérée ou le sera sans équivoque. Il s’agit le plus souvent de patients souffrant de problèmes cardiovasculaires avec un risque thrombo-embolique.

En pratique, comment se passe la surveillance ?

Comme l’explique le Dr Martial Fraysse, Président du Conseil Régional l’Ordre des Pharmaciens, le protocole classique est le suivant : « lorsqu’un patient entre dans l’officine avec son ordonnance d’AVK, on lui propose un entretien de « défrichage » pour évaluer la situation : a-t-il déjà eu à l’hôpital un entretien avec un pharmacien clinicien, un médecin ou une infirmière qui lui ont expliqué le traitement et la nécessité de la surveillance ? Connaît-il les signes évocateurs d’un surdosage ou d’un sous dosage ? Possède-t-il un carnet de suivi avec une carte à mettre dans son portefeuille qui signale qu’il est sous traitement anticoagulant, ce qui est très utile en cas d’accident sur la voie publique ou d’une extraction dentaire par exemple chez le dentiste, ce qui lui évitera une hémorragie. La discussion entre le pharmacien et le patient permet rapidement de savoir si l’entretien de suivi d’AVK est nécessaire ou pas. Si c’est le cas, celui-ci aura lieu une première fois en dehors de la délivrance du médicament, puis une autre fois dans l’année idéalement, et cela chaque année. Le tout se déroule dans un espace dédié de l’officine, en toute confidentialité ».

Quels signes d’alerte indiquer à son pharmacien ?

Le risque essentiel est le surdosage d’AVK. Il se traduit par des : 

  • Saignements des gencives lors du brossage des dents
  • Saignements au niveau de la conjonctive (blanc des yeux)
  • Coloration des urines
  • Plaie qui cicatrise mal
  • Nez qui saigne…

Quelle alimentation ?
Le traitement peut interagir avec les aliments consommés. A surveiller : les tomates, les choux, les brocolis, les épinards…riches en vitamines K. Il ne s’agit pas de les supprimer, mais de les consommer comme à son habitude, régulièrement et sans excès brutaux, pour ne pas augmenter d’un coup son taux sanguin de vitamine K.

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